BijouxTu aimes beaucoup ces pierres parce que ta mère avait les mêmes en collier,
m'as-tu un jour expliqué. Tu te revois encore enfant, scrutant les insectes
prisonniers dans l'ambre tandis que tu te tenais sur ses genoux. Ou bien
peut-être as-tu pioché ce souvenir au hasard d'une lecture, il est devenu
le tien sans que tu t'en aperçoives et tu es resté prisonnier du souvenir
d'un autre, englué dans une fiction comme le moustique dans la résine. Je
savais que tu allais t'arrêter là, c'est pourquoi j'ai fait disposer ces
pierres ainsi, comme dans la vitrine du bijoutier. Et il se trouvera
sûrement quelqu'un d'autre qui lisant distraitement ces mots, s'emparera à
son insu de ce souvenir et le fera sien.